Benoist
prépare
son avenir
A l'occasion de la Journée Nationale
de la Trisomie 21, Benoist, un jeune handicapé andelysien,
nous accueille dans sa famille. Rencontre avec
un jeune homme solaire.
Expressif et ordonné dan ses propos,
Benoist, "bientôt 18 ans",
semble avoir beaucoup à partager. De
la présentation de la formation professionnelle
qu'il suit actuellement à la visite
de sa chambre de jeune homme, il dévoile
ses goûts et ses aspirations : il aime
la chanteuse Jenifer, la série américaine
Friends, nourrit une grande passion pour le
Canada, le ski et aspire à travailler
dans une blanchisserie.
Pourtant, Benoist Thébault n'est pas
un jeune Andelysien tout à fait comme
les autres. Quoique...
Comme il est porteur d'une trisomie 21, ses
parents ont, dès sa naissance, choisi
d'adhérer à différentes
associations prônant « l'éducation
précoce ».
A la veille de la première Journée
Nationale de la Trisomie 21, Benoist et sa
famille font part, avec simplicité et
chaleur, de leur expérience. "Notre
pédiatre nous a mis en rapport avec
l'association GEIST (Groupe d'étude
pour l'Insertion Sociale des personnes porteuses
d'une Trisomie 21) de
Vernon qui rassemble aujourd'hui une quarantaine
de familles" explique Brigitte Thébault,
la maman de Benoist.
Très vite, elle s'implique dans les
activités associatives en devenant secrétaire
du GEIST vernonnais. Récemment elle
a pris les fonctions de présidente de
l'union des cinq GEIST de la région.
Initiation à l'autonomie
"Les enfants grandissant, il a fallu
penser à les prendre en charge après
leur vingt premières années:
l'association Prépare-Toit et ses appartements
thérapeutiques d'initiation à l'autonomie
ont été créés à Vernon:
une première en France. Le but est qu'ils
vivent comme les autres, qu'ils ne restent
pas à vie chez papa et maman qui, un
jour, disparaîtront".
"
L'espérance de vie des personnes trisomiques
augmente d'un an et demi tous les ans, pour
atteindre aujourd'hui une soixantaine d'années",
ajoute Damien, le grand frère de Benoist.
Ainsi, régulièrement, à la
sortie de sa classe, Benoist est accueilli
dans une des chambres de la résidence
située en bord de Seine, sous la responsabilité d'une
médiatrice d'autonomie.
"
Là-bas, j'ai un lit, un bureau, une
table et des meubles de rangement: c'est bien."
De quoi s'initier à une vie en partie
indépendante. Car Benoist a des projets
professionnels qui lui tiennent à coeur.
Depuis l'an dernier, il suit une formation
qualifiante au collège Cervantès,
toujours à Vernon.
Son CAP d'employé technique de collectivité amène
Benoist à effectuer des stages. "En
ce moment, je travaille à la blanchisserie
de l'hôpital Saint-Lazare, à Gisors.
Il y a plusieurs ateliers: je lave, je plie,
je descends les chariots de linge, je trie
et je compte pour faire les fiches techniques.
Et puis je vais distribuer le linge dans les
salles", explique l'adolescent.
Dans un autre registre, il révèle
aussi sa passion pour la StarAcademy... A bien
des égards, Benoist ne diffère
guère des jeunes gens de son âge.
ANNE-SOPHIE GROUÉ
Extrait de Paris-Normandie du
22/11/2003
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